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Cher lecteur,
voici une tentative de bio. Certains diront qu’elle est mal construite, décousue, je m’en fous j’aime le bordel.
Lis la si tu as du temps à perdre.
Je suis né en 1974 à St Rémy (71).
Enfance heureuse puis le collège…
Une petite citation de Boris Vian tirée de l’herbe rouge pour mettre des mots sur un vécu.
« Assez long…, répéta Wolf. Quel calvaire ! Seize ans… seize ans le cul sur des bancs durs… Seize ans de combines et d’honnêteté alternées. Seize ans d’ennui… Qu’en reste t’il ? Des images isolées, infimes…L‘odeur des livres neufs le premier octobre, les feuilles que l’on dessinait, le ventre dégoûtant de la grenouille disséquée en travaux pratiques, avec son odeur de formol, et les derniers jours de l’année où l’on s’aperçoit que les professeurs sont des hommes parce qu’ils sont partis en vacances et que l’on est moins nombreux. Et toutes ces grandes peurs dont on ne sait plus la cause, les veilles d’examen…Une régularité d‘habitudes….Ca se bornait à cela…Mais savez vous monsieur Brul, que c’est ignoble d’imposer à des enfants une régularité d’habitudes qui dure seize ans ? Le temps est faussé, monsieur Brul. Le vrai temps n’est pas mécanique, divisé en heures, toutes égales…Le vrai temps est subjectif…., On le porte en soi… Levez vous à sept tous les matins…, déjeunez à midi, couchez vous à neuf heures…et jamais vous n’ aurez de temps à vous…Jamais vous ne saurez qu‘il y‘ a un moment, quand la mer s’arrête de descendre et reste, un temps, étale, avant de remonter, ou la nuit et le jour se mêlent et se fondent, et forment une barre de fièvre pareille que celle que font les fleurs à la rencontre de l’océan. On m’a volé seize ans de nuit, monsieur Brul. On m’a fait croire en sixième que passer en cinquième devait être mon seul progrès… en première il m’a fallu le bachot… et ensuite un diplôme…Oui, j’ai cru que j’avais un but, monsieur Brul…et je n’avais rien…J’avançais dans un couloir sans commencement, sans fin, à la remorque d’imbéciles, précédant d’autres imbéciles. On roule la vie dans des peaux d’ânes. Comme on met dans les cachets les poudres amères, pour vous les faire avaler sans peines…. Mais voyez, monsieur Brul, je sais que j’aurais aimé le vrai goût de la vie. »Le collège, le lycée, la fac, j’ai passé le CAPES EPS, je l’ai eu, puis on m’a demandé de devenir prof, et j’ai pas pu.
« Les fonctions sociales sont des fictions sociales. Les rites d institutions font celui qu’ils instituent en tant que roi, chevalier, prêtre ou professeur en forgeant son image sociale, en façonnant la représentation qu’il peut et doit donner en tant que personne morale, c’est à dire en tant que plénipotentiaire, mandataire ou porte-parole d’un groupe. Mais ils le font aussi en un autre sens. En lui imposant un nom, un titre, qui le définit, l’institue, ils le somment de devenir ce qu’il est, c’est à dire ce qu’il a à être, ils lui enjoignent de remplir sa fonction, d’entrée dans le jeu, dans la fiction, de jouer le jeu, la fonction. » Leçon sur la leçon.On m’a demandé de devenir prof, de parler comme un prof, de se comporter comme un prof, j’ai dit oui…mais non. Du coup j’ai été viré au bout d’un an. Carrière courte. Début d’une descente lente mais inexorable vers la relégation, le moins être, chômage, RMI, diminution de la vie sociale, la chiotte. Une dernière citation de Pierre Bourdieu, sociologue, toujours mort, pour bien comprendre ce que peut être l’enfer sur terre.
« Voué à la mort, cette fin qui ne peut être prise pour fin, l’homme est un être sans raison d‘être. C’est la société, et elle seule, qui dispense, à des degrés différents, les justifications et les raisons d’exister ; c’est elle qui, en produisant les affaires ou les positions que l’on dit ‘ importantes ‘ produit les actes et les agents que l’on juge ‘ importants ‘, pour eux-mêmes et pour les autres, personnages objectivement et subjectivement assurés de leur valeur et ainsi arrachés à l’indifférence et à l’insignifiance…. Misère de l’homme sans dieu disait Pascal. Misère de l’homme sans mission ni consécration sociale. »P Bourdieu Leçon sur la leçon.J’ai vécu un peu cette situation. Puis un jour une fête. Je faisais le con. Quelqu‘un m’a dit que je devrais essayer le clown. Cours de clown avec la compagnie "Alter-Nez". Premier sketch, puis premier spectacle en juin 2004.
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